Visite d’engagement

La visite dite d’engagement, que l’on peut aussi appeler de manière impudique visite de réservation, est conduite par les propres parents du prétendant au mariage et doit comprendre les membres les plus éminents de sa famille (grands parents, oncles, tantes etc.) ainsi que des personnes d’emprunt qui serviront de porte-paroles. On cherche, encore une fois, à éviter l’embarras et le déshonneur aux parents en cas de problème.

Après les formalités d’usage, les visiteurs présentent à leurs hôtes un plateau contenant des fleurs, des bougies, des plaques de cire et une certaine somme d’argent. En acceptant ce présent, les deux parties s’engagent sur l’honneur à marier leurs enfants et à garantir, en cas de défection de l’un des deux jeunes gens, un dédommagement moral et matériel.

A ce stade, il est encore possible de rompre dans certaines conditions contrairement aux fiançailles proprement dites. En raison de sa fonction de réservation, cette visite porte le nom lao de khan-pharm. Et une fois la date des fiançailles fixée, la famille-hôte offre un dîner en l’honneur de sa future belle famille.

Les fiançailles…

Le soir des fiançailles, la famille du jeune homme au grand complet et en tenue de fête tout comme les parents d’emprunt apportent chez la future mariée un cochon, de l’argent, du bétel et du tabac à chiquer, ainsi que de l’alcool. Après le repas, qui sert d’entrée en matière idéale, les deux parties essaient de se mettre d’accord sur le montant de la dot (le kha-dong), la date du mariage et les différents aspects techniques des festivités de noces. Dans certains villages, ces discussions se déroulent en l’absence des principaux intéressés et peuvent parfois s’apparenter à des marchandages de marchands de tapis…

Au Laos, il est fait obligation au jeune homme d’apporter la dot à sa future épouse et aussi à sa famille afin de combler, symboliquement, le vide physique et affectif que va laisser celle-ci dans son foyer de naissance en se mariant. Ainsi, l’équilibre et l’harmonie, nécessaires au bien-être psychologique de tous, est maintenu en dépit du départ d’un membre de la famille. De même, la jeune mariée n’aura ni remords, ni regrets et pourra démarrer et vivre sereinement et dans le bonheur et la joie sa nouvelle vie d’épouse et de femme.

Les membres des deux familles qui participent à cette cérémonie, appelée khan mark dèng (littéralement plateau rouge en raison sans doute d’une influence chinoise où le rouge est la couleur du mariage et du bonheur par excellence), ont une obligation morale envers le futur couple. Ils doivent aussi participer à la constitution matérielle du nouveau ménage en apportant un trousseau et parfois une contribution financière. Une fois l’accord trouvé entre ce que l’on appelle les grandes personnes, on fait venir la jeune femme pour lui demander si elle accepte les fiançailles et le mariage.

A la campagne, la nouvelle fiancée partage le plus souvent un verre d’alcool de riz avec son futur mari pour sceller l’accord d’amoureux et montrer à la communauté qu’elle n’est plus libre. Elle attendra le jour des noces pour recevoir une bague ou un collier en or. En ville et dans les familles plus aisées, on passera une bague en pierres précieuses au doigt de l’élue en témoignage d’amour et de preuve matérielle qu’elle n’est plus à prendre, qu’elle appartient désormais à quelqu’un. Elle méritera, en conséquence, considération et respect dus à son rang de fiancée de la part de la société.

Si les propres parents du fiancé ne peuvent pas être sur place, ils seront remplacés par des parents proches, appelés alors des phorlame/mèlâme ou parents de remplacement. Comme le rituel du mariage lao est officialisé par le code coutumier, il doit comporter, pour être valable, le consentement des futurs poux, celui de leurs parents et doit avoir été célébré devant témoins, suivant les usages ancestraux en vigueur au Laos.

En 1910, le Dr Maupetit nota qu’il suffisait à deux jeunes gens qui s’aiment et « se connaissent depuis assez longtemps pour n’avoir plus rien de secret l’un pour l’autre, d’avoir l’assentiment des deux familles pour se marier. » Et le médecin de citer l’article 7 du Code civil: « Il n’y a pas de mariage si les pères et les mères des futurs époux n’ont pas donné leur consentement. »

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