PRELIMINAIRE – NEGOCIATION etc

Le mariage est toujours célébré autour d’un grand soukhouane et précédé par une sorte de petites fêtes de préparation qui dure 2 ou 3 jours.

Cette préparation est appelée “Oun dong” et a lieu chez la mariée.

Le futur marié, accompagné de ses parents et amis, doit parlementer et offrir de cadeaux avant de franchir la porte.

Le futur marié doit également apporter une dot plus ou moins importante suivant sa situation et la négociation préalable avec la famille de la future mariée.

On dit qu’un vrai amour d’un homme envers une femme consiste à respecter cette tradition.

Une jeune fille ne sort pratiquement pas toute seule avec son petit ami. Elle est toujours accompagnée par un frère, une sœur ou ses amies. Aujourd’hui cette tradition est encore respectée. Mais dans les grandes villes, certains jeunes de nouvelle génération semblent l’ignorer.

Au Laos, pour demander la main d’une fille à son futur beau père, la tradition et la manière traditionnelle diffèrent légèrement d’une région à l’autre. Mais la base est la même pour tous. Quand un garçon et une fille s’aiment et veulent se marier c’est toujours le garçon qui doit faire la démarche.

Il envoie ses parents pour rencontrer ceux de la fille. Ce sont ses parents qui demandent pour lui.

Si les parents de la fille sont d’accord, il peuvent tout de suite discuter de la somme de dot que le garçon devra payer le jour du mariage. Ils peuvent fixer un autre jour pour en discuter. Il y a des cas où les parents de la fille ne veulent pas du garçon, il peuvent demander une somme très (trop) importante qui signifie leur refus.

Et dès que deux êtres s’aiment d’un amour brûlant, ils demandent à leurs parents de se faire connaissance afin d’entamer les conversations en vue du mariage. Plusieurs rencontres s’avèrent souvent indispensables avant de trouver un accord final. Selon les régions, trois visites sont particulièrement importantes. Il s’agit d’abord de la visite dite d’introduction, appelée le khan thâme, ensuite de la visite dite d’engagement, dénommée khan pharm et, enfin, des fiançailles proprement dite, appelées khan mark dèng.

Au Laos, les fiançailles constituent l’une des étapes les plus délicates du mariage dans la mesure où tout peut encore s’écrouler. La visite d’introduction est généralement accomplie, non pas par les propres parents du futur marié, mais par des proches de la famille auxquels on a confié la mission d’aller tâter le terrain. Ils sont appelés des phor-shû/mè-shû ou des parents d’emprunt, et sont composés d’un couple bien uni qui a déjà fait ses preuves dans leur vie conjugale.

Une fois le rendez-vous pris, les phor-shû/mè-shû se rendent, le soir convenu, au domicile de la jeune femme. Après un échange traditionnel de politesses, les visiteurs présentent à leurs hôtes un petit plateau contenant un peu d’argent, du bétel, du tabac à chiquer etc., garant de la bonne volonté de la mission. C’est le contenu du récipient, qui n’a qu’une valeur symbolique, qui lui donne son nom lao de khan-thâme (littéralement plateau de demande). Ensuite, ils exposent les raisons de leur visite aux parents de la future fiancée :

Notre cousin/neveu souhaiterait devenir votre gendre. Pourra-t-il avoir un quelconque espoir ?

Si les discussions se révèlent fructueuses, une nouvelle date est fixée pour une rencontre dite d’approfondissement. La délégation visiteuse comprendra alors les parents et les proches de la famille du jeune homme. L’usage de parents d’emprunt est destiné à éviter aux vrais parents de perdre la face en cas d’échec de la visite d’introduction. Tant il est vrai que l’honneur familial tient une place prépondérante dans les sociétés asiatiques. Et perdre la face dans un tel cas constituerait le pire des déshonneurs, en particulier à la campagne où tout le monde se connaît.

Selon Paul Néis, dans les années 1885, une fois qu’une jeune femme a choisi son amant, elle lui réclame une petite somme d’argent tout en s’en fait promettre une plus une forte le jour du mariage. « A partir de ce moment, il donne la main à sa fiancée tous les soirs et, au mois de septembre et octobre, il ira avec elle tous les septièmes jours de la lune cueillir des coyaves en dehors de Luang Phrabang. » En souvenir de leurs rencontres dans les champs de coyaviers.

Dans les années 1910, le Dr Georges Maupetit avait observé des cours d’amour sous les regards complaisants des bonzes de la pagode lors des fêtes. Mais le médecin avait aussi noté que « lorsqu’un jeune homme a parlé de mariage (…) et a été agréé par la famille, il vient seul faire sa cour sous la véranda sous l’oeil bienveillant du père et de la mère ou plus exactement avec leur complicité; car les vieux s’endorment quand vient la nuit. » « La jeune fille devient la maîtresse de son fiancé et lui permet déjà de goûter largement aux joies qu’elle lui offrira, plus tard, dans leur vie d’époux », écrit le praticien.

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