La cérémonie du mariage

c’est enfin la demande officielle, qui a lieu la veille même de la cérémonie du Soukkhouan proprement dite.

Elle consiste en offrandes comprenant des chiques, de bétel, des cigarettes, des gâteaux et des victuailles de toutes sortes. Dans certaines régions, c’est à cette occasion qu’on apporte le Kha Dong.

A l’heure fixée, les parents du jeune homme, ayant rempli de gâteaux et recouvert de grands cornets renversés le nombre de plateaux (cent ou deux cent selon les exigences de la familles de la fiancée) demandés, les font porter par autant de jeunes femmes – à l’exception expresse des veuves et des divorcées – , jusqu’à la maison de la fiancée, le bétel et le tabac en premier, puis les gâteaux que suivent les viandes et les poissons.

Le cortège avance lentement, parmi les gémissements du gong de cuivre qui prend le Ciel à témoin, les trilles joyeux du Khène, les cris des hommes applaudissant les chanteurs et les chanteuses inlassables.

Dans sa maison, entourée d’une demi-douzaine de jeunes filles de son âge, ses amis ou voisines, la mariée attend, en costume de grand apparat. Habillée comme elle le sera le lendemain pour le Soukhouan, elle recevra elle-même les offrandes et donnera une gratification à chaque porteuse, mais seulement après qu’une parente aura posé un certain nombre de question à un représentant du camp du demandeur et qu’elle aura obtenu satisfaction.

  • la femme :

“ d’où vient le Seigneur ? A travers quels monts est-il passé, et quel est son désir ?”

  • l’homme :

“ nous arrivons d’un Palais tout de pierre bâti, où l’or et l’argent s’entassent, incalculables. Chaque jour nous apporte des trésors d’or ; chaque nuit, d’argent. Nous vous apportons le bonheur, et puissiez-vous être heureux jusqu’à la fin de vos jours.”

  • la femme :

“ Dans votre pays, n’y aurait-il pas de femme qui fussent assez belles car, nous semble t-il, nombreuses sont les filles de votre souverain. Pourquoi abandonner votre pays et qui s’en occupera ?”

  • l’homme :

“ Les filles du peuple de là-bas sont en nombre très grand, mais aucune n’a attiré, ne fût-ce que la moitié d’un corps, les yeux de notre Maitre; aussi a t-il dû traverser des espaces infinis pour venir solliciter la perle de ce pays.Nous, ses serviteurs, avons passé monts et vaux, et parcouru de longues distances. Nous n’avons pu résister à l’ordre de notre Seigneur qui se consumait de désit, car nous sommes ses serviteurs. On dit, et la renommée en est parvenue jusqu’à nous, que c’est la fille du Souverain de ce pays qui est la plus jolie et dont le teint est pareil à la lumière du jour. Nous vous demandons sampot et tissu pour habiller notre maître.”

  • la femme :

“O vous, illustres messagers, sachez que je n’ai qu’une jeune fille dans la maison ! si elle devait rejoindre votre Seigneur, la maison serait vide, mais si, au contraire, il voulait venir ici continuer nos traditions, je ne m’y opposerais pas (le marié est en effet tenu de venir vivre et de travailler quelqe temps dans la maison de ses beaux-parents). La ville et la population sont contentes et consentent à se mettre sous la protection de votre Maître.

Invitez-le donc à venir dans ce pays, et je lui offrirai ma jeune fille. O messagers, êtes vous satisfaits ? Si vous ne l’êtes pas, je vous réponds tout net que nous ne vous agréerons pas”

  • l’homme :

“Oui, Oui ! nous vous remercions de déclaration aussi nettes, et nous nous y conformerons. Qu’un pont enfin relie nos deux cités, et nous, nous viendrons ici continuer à servir notre Seigneur et Maître.”

  • la femme :

“la coutume de chez nous dit : “Cent cadeaux ne servent qu’à amadouer les phi; si l’on veut vraiment épouser il en faut mille”.”

  • l’homme :

“Grâce, nous vous demandons grâce ! Laissez-nous vous apporter seulement cent objets, parce que nous habitons loin et si vous exigez mille cadeaux, vous nous plongerez dans le plus cruel embarras.”

  • la femme :

“ O messager, êtes-vous vraiment en mesure de nous apporter de suite cent cadeaux, de la main à la main ?”

  • l’homme :

“S’il ne s’agit que de cent cadeaux, nous ne pourrons vous les refuser, et vous les apporterons”

  • la femme :

“le poignard au manche de verre et au cran d’arrêt en or, l’avez vous apporté ?

“l’étoffe de la coiffure qui mesure heut brasses, l’avez vous apportée ?

“Sampot de soie et vêtement curieux, les avez vous apportés ?

“le bouquet de fleurs aux couleurs éclatantes, l’avez vous apporté ?”

  • l’homme :

“le poignard au manche de verre et au cran d’arrêt en or, nous l’avons apporté;

“ l’étoffe de la coiffure qui mesure huit brasses, nous l’avons apportée:

“Sampot de soie et vêtements curieux, nous l’avons apportés;

“le bouquet de fleurs aux couleurs éclatantes, nous l’avons apporté;

“En quantité innombrables;

“Nous avons des paniers remplis d’argent, d’autres remplis d’or, d’autres remplis de vêtements;

“tout, nous avons toutes choses, des victuailles, viandes portées par deux, poissons sur fléaux;

“Tout, en entier, et toutes choses par centaines pour vous les offrir.

“Nous vous les offrons solennellement et nous vous demandons en grâce, maintenant de nous montrer votre jeune fille.”

  • la femme :

(s’adressant à ses parents et amies) “ Comment faire, nous autres… Les messagers du seigneurs demandent que nous leur montrions notre jeune fille…

(à l’homme) “ Etes-vous sincères, Seigneurs, et désirez vous vraiment la voir ? Car si elle était toute noire ? “

  • l’homme :

“Fût-elle noire comme le fruit du Max Va, fût-elle noire comme le corbeau, fût-elle difforme, nous n’y renoncerons pas ! “

  • la femme :

(appelant la jeune fille ) “Eh ! nos servantes, toutes tant que vous êtes, apprêtez notre jeune fille pour la montrer aux messager de ce Seigneur.”

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